Comme toutes les grandes aventures industrielles, ce projet remonte à loin. C’est en effet le 26 octobre 1951 que le secrétariat général à l’Aviation civile et commerciale lance un appel à projets pour un avion capable de transporter de 55 à 65 passagers avec u rayon d’action supérieur à 2400 kms. Par ailleurs, cet avion doit pouvoir voler à plus de 7500m d’altitude à une vitesse supérieure à 600km/h et pouvoir décoller sur une distance inférieure à 1800m. Si beaucoup de constructeurs se sont penchés sur ce projet, un seul l’a réalisé : Sud Aviation à Toulouse.

Le 27 mai 1955, les ingénieurs et techniciens de l’usine Sud-Aviation à Toulouse assistent au décollage du premier avion à réaction civil français pour un vol de vingt-deux minutes. Ses pilotes d' »enthousiasment pour cette machine révolutionnaire. Ses moteurs placés à l’arrière et non plus sous les ailes, lui assurent un profil aérodynamique parfait et contribuent à une meilleure isolation sonore de la cabine. De plus, l’avion est le premier à présenter un escalier arrière escamotable et un groupe de démarrage autonome. Georges Héreil, président de Sud-Aviation, le baptise Caravelle en hommage aux galions de Christophe Colomb, car il doit permettre à la France de redevenir un grand acteur de l’aéronautique après dix ans de guerre et de reconstruction.

Cokpit de la Caraveille

De fait, Caravelle, premier moyen-courrier à réaction mis en service et commercialisé à travers le monde, sera maintes fois copié par les grands constructeurs d’alors : Boeing, Douglas Aircraft Company, et Lockheed. Bien avant Airbus, les différentes pièces de l’avion sont déjà fabriquées à Nantes, Saint-Nazaire et Marignane pour être assemblées à Toulouse où sont posés 600 000 rivets et 3 millions de points de soudure. Deux cent soixante-seize entreprises françaises comme Hispano Suiza pour les trains d’atterrissage et Latécoère pour ses fuselages participent à sa fabrication qui nécessite 41 tonnes de métaux, 30 km de câbles électriques et 1 km de canalisations hydrauliques. Les 100 exemplaires nécessaires à son amortissement seront largement dépassés avec 280 appareils mis en service.

Le 5 avril 1958, la première Caravelle sort de son hangar d’assemblage. Dans les semaines qui suivent, le général de Gaulle l’utilise déjà pour ses déplacements. Et c’est sa femme, Yvonne, qui baptisera le 24 mars 1959 Alsace, la première Caravelle d’Air France. La compagnie fera voler jusqu’à 54 de ces avions arborant les noms des provinces françaises. SAS, SwissAir, United Airlines et Alitalia commandent aussi cet appareil capable de décoller avec un seul moteur et de planer entre Paris etr Dijon. Au fil des améliorations, Caravelle emportera jusqu’à 130 passagers sur une distance maximale de 3400 kms.

Sans le succès de cet avion qui volera en Europe jusqu’à la fin des années 1990, il n’y aurait sans doute jamais eu Concorde et toute la famille Airbus qui assure aujourd’hui à la France une place de choix dans le domaine Aéronautique.

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