Venez la redécouvrir : c’est un plaisir! Ce Mardi 21 décembre 2021 pour 3h d’activités sur le terrain. Rendez-vous à Faugères entre 13h45 et 14h, parking du Caveau de vente des Crus Faugères sur D909

La pierre sèche, pourquoi ?

C’est un système constructif traditionnel, intemporel et universel, tout à la fois ancestral et innovant. Technique constructive traditionnelle de la Pierre Sèche, inscrite à l’Unesco au Patrimoine Culturel Immatériel de l’Humanité depuis le 28/11/2018.

Partout où ce patrimoine en pierre sèche est présent, il est sage de s’interroger sur sa fonction et sa « modernité ».

Un savoir-faire ancestral :

En ayant recours à des matériaux de cueillette, bois, paille, terre, pierre, l’homme a su faire preuve d’ingéniosité et d’adaptabilité pour répondre à ses besoins. Ainsi, partout où la pierre est présente à travers le monde, cette dextérité de l’œil et de la main pour assembler en calant, sans liant, des pierres tout venant, s’est diffusée oralement à travers les siècles. Ce savoir-faire bien particulier s’est forgé entre hommes de métier de la maçonnerie comme entre paysans. Quelque soit le type de pierre, calcaire, granit, schiste, gneiss, grès… ces maçonneries sont bâties sur les mêmes principes de base et les modèles diffèrent davantage par la forme de la pierre à disposition que par l’ouvrage à construire. La technique s’est affinée par empirisme. L’homme a épierré ses champs pour pouvoir les travailler, collecté les pierres en pierriers, les réemployant ensuite pour niveler les collines, installer et accompagner abri ou habitat, produire des banquettes cultivables, clôturer ses parcelles, les protéger et canaliser aussi bien l’eau que ses troupeaux.

Un savoir-faire rare :

Cependant en France, les guerres ont emporté les hommes et l’industrie a répondu aux besoins de reconstructions si prégnants alors, par l’apport d’autres systèmes constructifs. L’exode rural a vidé les collines et les montagnes, les machines agricoles et de terrassement ont bouleversé les comportements en délaissant les terrasses, en supprimant les haies champêtres et en concassant les enclos lithiques. Une brutale modification de la connaissance s’est opérée dans toutes les filières, du bâtiment, de l’agronomie et de l’agriculture. Cependant, à chaque fois qu’un paysage se referme, que le long des routes des murs s’écroulent et disparaissent pour être remplacés par du béton, de l’enrochement ou du gabion (cage de fer remplie de pierres), cette évolution est ressentie comme un mélange de nostalgie et d’absurdité. Pourtant, il suffit que ces paysages de pierre sèche soient cultivés et bien entretenus à l’année pour qu’ils expriment la qualité totale : celle du pays, celle des hommes, celle des productions.

Une réponse aux préoccupations contemporaines :

Terrasses, soutènements, soubassements, enclos, clôtures, rampes d’accès, chemins, routes, seuils de torrent dans les talwegs, berges de rivières, ce système constructif ancestral ne relève plus seulement du pittoresque. Pour autant qu’elles soient correctement mises en œuvre, ces maçonneries réunissent plusieurs qualités : drainage, souplesse et résistance. Ces caractéristiques sont essentielles dans la prévention des risques naturels d’inondation: dispositif anti érosif, gestion du ruisselement rapide dans les bassins versants, barrages en travers des talwegs, seuils de rivières, terrasses comme bassins de rétention. La rareté de l’eau ou l’excès en pluies dévastatrices, est devenu une préoccupation majeure. D’autre part, l’épaisseur de ces maçonneries, leurs anfractuosités, le maintien de l’humidité et l’inertie thermique de la pierre, créent un écosystème avec un microclimat, véritable niche à biodiversité, laquelle est favorable à la culture biologique et vecteur de corridors écologiques.

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