Cirque de Navacelles, gorges de l’Hérault, gorges du Tarn, grottes des Demoiselles ou de Clamouse, elles dessinent le relief tourmenté de notre région. C’est la nature calcaire du sous-sol qui est la cause de ces structures étranges et majestueuses. Ce que l’on voit à la surface est le pendant d’une véritable dentelle souterraine. Sous l’action millénaire de l’eau, le paysage se reconstruit sans cesse. Là où coulaient les rivières, l’usure progressive a creusé, contourné, modifié la forme du sol et du sous-sol. Le père de la spéléologie, Edouard-Alfred Martel a largement contribué à faire connaître les richesses souterraines de notre région à laquelle il a consacré une grande partie de sa carrière.

En surface, c’est d’abord les cours des rivières qui a modifié le paysage. La roche calcaire ne permet pas le ruissellement. Perméable, elle permet à l’eau de s’infiltrer et de creuser peu à peu la moindre faille. Les rivières découpent ainsi progressivement leur lit, de plus en plus profond (600 m pour les gorges du Tarn), jusqu’à ne ménager qu’une fente étroite et vertigineuse et former des gorges spectaculaires. Selon les composantes de la roche, les falaises ainsi constituées offrent des profils plus ou moins tourmentés, teintés des différents minéraux, gris pâle, beige, doré, rose… Parmi les gorges créées de cette manière, citons, outre celles du Tarn et de la Vis, les gorges de la Jonte, de la Dourbie, de l’Agly, du Gardon , d’Héric, de l’Hérault… Là où la rivière rencontre une résistance, à cause d’une zone de roche plus dure, elle se détourne et dessine des méandres qui s’accentuent peu à peu devenant parfois de larges cirques, comme à Navacelles, vestige du bras mort de la Vis. Ailleurs, c’est l’eau de pluie et le vent qui sont responsables de l’érosion. L’aspect des roches est plus tourmenté, ressemblant à un chaos de ruines, tours, formes grotesques, semblables à des animaux oubliés. A cet égard, le cirque de Mourèze compose un labyrinthe fantasmagorique, peuplé de monstres pétrifiés qui se dressent entre les pins.

Cirque de Mourèze

L’eau ne se contente pas de rester en surface. Chaque fissure du terrain est une porte ouverte qui lui permet de s’insinuer dans le sous-sol. L’au de pluie légèrement acide dissout alors lentement le carbonate de chaux contenu dans la roche calcaire. Les fissures s’agrandissent, deviennent plus profondes. La roche se dissout peu à peu, donnant naissance à des dépressions, les dolines, puis à des puits ou avens. À mesure que l’érosion se poursuit, ces avens s’agrandissent et en rejoignent d’autres, fusionnent pour former un réseau de galeries souterraines qui s’élargissent en grottes aux dimensions souvent étonnantes. À la rencontre d’une couche imperméable, l’écoulement de l’eau ralentit encore et forme de petits lacs. Au fur et à mesure, l’eau se charge de plus en plus en carbonate de chaux. En suintant doucement, elle finit par le déposer en chemin, construisant peu à peu d’étranges concrétions. : draperies lorsqu’elle ruisselle le long des parois, stalactites lorsqu’elle tombe goutte à goutte du plafond des grottes, stalagmites édifiées lentement quand elle tombe du sol. Pour que d’importantes concrétions soient réalisées, il faut des millénaires (leur croissance dans la région ne dépasse guère un centimètre tous les cent ans). Parfois, stalactites et stalagmites se rencontrent et forment des colonnes qui se compliquent en silhouettes fantastiques, comme dans la grotte des Demoiselles, celle que l’on surnomme la vierge à l’enfant ou encore les surprenantes méduses.

Grotte des Demoiselles : la Vierge à l’enfant

Ailleurs, c’est un autre type de concrétion : l’excentrique est due à la cristallisation d’aragonite sur les stalactites et forme des fines ramifications translucides qui partent dans tous les sens et ressemblent à des buissons de fleurs ou à des flocons de neige. La grotte de Clamouse en possède les plus beaux spécimens. Parmi la multitude de grottes et de gouffres dans notre région, 16 sont aménagés et ouverts au public.

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