Il y a 80 ans : le plus grand conflit du XX° siècle

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La Seconde Guerre Mondiale continue à susciter un intérêt considérable. Il est vrai que contrairement à la plupart des guerres passées, elle s’est déroulée non seulement en Europe, terre d’affrontements séculaires entre les vieilles nations, mais aussi en Afrique du Nord, en Asie et en Océanie. A part les pays européens neutres, l’Amérique Latine, la plus grande partie de l’Afrique noire, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et la Polynésie, la guerre a sévi sur l’ensemble du globe.

Les pertes correspondent à l’immensité du champ de bataille. SI l’on évalue celles de la Première Guerre Mondiale à 13 millions de tués, pour la Seconde, les estimations oscillent entre 40 et 50 millions. Mais au-delà de ce nombre gigantesque, ce sont surtout les conditions dans lesquelles sont morts des millions de personnes qui ont frappé les imaginations.

Rien qu’en France, environ 25 000 résistants ont été fusillés après avoir été parfois odieusement torturés. Plus de 25 000 déportés sont morts dans les prisons ou pendant les marches de la mort rejoignant les 73 000 martyrs du génocide. Les camps de Ravensbrück, Dachau, Mathausen, Dora pour ne citer que les plus connus, resteront à jamais dans la mémoire des hommes comme des prototypes de centres d’extermination. A ce funeste inventaire s’ajoutent les 300 000 civils, hommes, femmes et enfants, tués sous les bombardements ou pendant les combats sur le territoire national, y compris les victimes innocentes des massacres collectifs organisés par l’ennemi.

La Seconde Guerre Mondiale et c’est sa caractéristique principale, a mis aux prises des Etats aux régimes fondamentalement différents : les démocraties, d’une part, l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste de l’autre. Convaincus de la suprématie de la race germanique, les nazis, militaristes et racistes, étaient décidés à étendre le territoire allemand au nom de “l’espace vital”.

La France et l’Angleterre qui n’avaient pas été en mesure de faire respecter les clauses du traité de Versailles, ne se trouvèrent réellement unies que pour signer à Munich, en septembre 1938, les accords livrant la Tchécoslovaquie à l’Allemagne. Dirigées par des hommes faibles et pusillanimes, disposant de forces militaires illusoires, et mettant en application des doctrines d’emploi obsolètes, elle se révélèrent incapables d’empêcher le Führer d’occuper, en 1939-1941, la plus grande partie de l’Europe.

L’arrivée de Churchill au pouvoir, sa volonté de vaincre, la résistance de la Grande-Bretagne à l’assaut des avions de Göring, en 1940, rendirent l’espoir à tous les peuple épris de liberté. L’entrée en guerre des Etats-Unis en décembre 1941, après le désastre de Pearl Harbor, la haine de Roosevelt pour le nazisme et l’ardeur qu’il mit à organiser l’effort de guerre Américain, firent prendre conscience à ces peuples que la victoire était désormais possible.

Au Général de Gaulle revient le mérite d’avoir été, après son appel du 18 juin 1940, l’âme de la résistance à l’occupant et d’avoir fait rentrer la France dans la guerre aux côtés des Alliés.

En dédaignant l’alliance proposée par l’Angleterre et la France, et en signant, le 23 août 1939, un pacte de “non-agression” avec l’Allemagne, l’Union Soviétique fut en partie responsable de la défaite des démocraties occidentales en 1939-1940. Elle rejoignit en juin 1941 le camp allié, après l’attaque allemande sur son territoire qu’elle n’avait pas su déceler à temps. Le peuple et l’armée russes, galvanisés par Staline, firent preuve d’un courage qui impose le respect. Ils eurent à déplorer 8 à 9 millions de militaires tués au combat ou morts de faim dans les camps allemands et 4 à 5 millions de civils tués dans les villes, les villages, les forêts et les champs.

Depuis l’occupation de la Manchourie (1931), plus ouvertement encore depuis le début du conflit en Chine (1937), la politique d’expansion de Tokyo visait à faire du Japon la puissance dominante en Extrême-Orient et dans le Pacifique. En signant en septembre 1940, le pacte tripartite, il s’était, en outre, rangé aux côté des agresseurs européens, l’Allemagne et l’Italie. En remportant une victoire sur les Américains à Pearl Harbor, le Japon impérialiste ignorait qu’il signait son arrêt de mort. La longue et sanglante guerre qui s’ensuivit dans le Pacifique et dans les colonies britanniques et hollandaises se terminera par sa défaite, la destruction de la plupart de ses grandes villes et la mort de 1 500 000 soldats et 300 000 civils.

La Seconde Guerre Mondiale, et c’est sa troisième caractéristique, a vu l’émergence de nouvelles doctrines et de nouveaux armements qui ont bouleversé les méthodes de combat. Les Allemands, en menant la “guerre éclair” (Blitzkrieg), en 1939-1941, vont remporter des victoires spectaculaires. Le moteur a permis en effet, de rendre aux opérations un caractère qu’elles n’avaient pas en 1914-1918 dans l’enlisement des tranchées : la mobilité, la vitesse et la puissance, alliée à la surprise, pouvaient, enfin, entraîner une décision rapide. Le binôme chars-avions va constituer dès lors, le fer de lance des forces allemandes, “l’armée propre à créer l’événement”, pour reprendre l’expression du Général de Gaulle.

Les divisions de Panzers appuyés par les Stukas de la Lüftwaffe et commandés par des chefs de guerre éminents, tels Rommel ou Guderian, vont percer tous les fronts et exécuter des progressions fulgurantes au cours des campagnes de Pologne, de Belgique, de France, dans les Balkans et en Russie. Mais les Alliés, par l’utilisation des mêmes techniques, parviendront, peu à peu, à refouler l’adversaire et à le pourchasser jusqu’au cœur de l’Allemagne.

Tout aussi révolutionnaire a été l’ampleur prise par les opérations combinées qui ont mis en jeu des forces considérables. Ce sont les forces amphibies qui ont permis la victoire des troupes japonaises dans le Pacifique et la reconquête américaine. Ce sont elles, aussi, qui ont permis le déploiement en Europe des forces alliées après les débarquements en Italie, en Normandie et en Provence.

Le rôle de l’aviation s’est révélé, enfin, déterminant, La victoire terrestre n’a pu être obtenue qu’au prix de la maîtrise du ciel et, sur mer, les porte-avions ont supplanté les navires de ligne, cuirassés ou croiseurs. L’aviation, dotée de nouveaux appareils performants, ne s’est pas limitée à un rôle tactique. Elle a permis surtout aux Alliés, d’effectuer des bombardements stratégiques sur les arrières de l’ennemi. Les bombardements sur l’Allemagne ont visé la destruction des villes et le moral des populations. Celui de Dresde, en février 1945, fit 135 000 victimes. Les raids de l’armée de l’air américaine sur le Japon, effectués au moyen des célèbres “superfortress B-29” ont trouvé leur tragique aboutissement, en 1945, avec les bombes atomiques sur Hiroshima et sur Nagasaki qui ont ouvert un nouveau chapitre dans l’histoire militaire.

La Feuille d’Alignan va vous faire vivre ce 80° anniversaire de la Seconde Guerre Mondiale, année par année, jour par jour, avec des articles et une chronologie journalière des événements.

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