L’Épiphanie est une fête catholique marquant la nuit où les Rois mages, venus d’Orient guidés par une étoile, auraient apporté des présents jusque dans la crèche de Bethléem de l’enfant Jésus. Fixée le 6 janvier, où le premier dimanche de janvier suivant le jour de l’an dans les pays où l’Épiphanie n’est pas un jour férié, cette date est parfois propice à l’échange de cadeaux pour rappeler ceux de Gaspard, Melchior et Balthazar.

Cependant, l’origine de la galette n’aurait rien de religieux et remonterait sans doute aux Romains qui fêtaient les « Saturnales » après la mi-décembre. C’est une période de trêve où la puissance des maîtres sur leurs esclaves était suspendue. On s’offrait alors des présents et on partageait ensemble les arts de la table. Au moment du gâteau, une fève glissée à l’intérieur désignait le roi d’un jour !

En France, la tradition est de partager la galette des rois. C’est autour du 13ème – 14ème siècle qu’apparaissent les premières traces de gâteau du partage lors de l’Épiphanie. Le gâteau est partagé en autant de parts que de de personnes présentes plus une : la part du pauvre.

La tradition de la fève remonte à la même époque. Pour la première fois à Besançon des moines ont commencé à élire leur chef de chapitre en mettant une pièce d’or dans un morceau de pain. Le pain a ensuite été remplacé par une couronne de brioche et la pièce d’or par une fève, plus économique. Aujourd’hui, la tradition est d’envoyer l’enfant le plus jeune, censé être le plus innocent, sous la table, afin qu’il choisisse « à l’aveugle » à quel convive sera attribuée chaque part.

La galette des rois prend des formes et des parfums variés selon les régions et les traditions locales. Mais de toutes les histoires, il y en a une qui lui a donné son nom de galette des rois. En effet, également au 14ème siècle, s’est développée la coutume du « roi boit ». Celui qui tirait la fève se devait d’offrir une tournée à l’assemblée. On dit que les plus avares avalaient la fève pour ne pas avoir à payer à boire. C’est ainsi que serait née la fève en porcelaine, moins évidente à avaler. Les vraies fèves ont été remplacées par des fèves en porcelaine représentant Jésus au 18ème siècle (puis un bonnet phrygien à la révolution et tout et n’importe quoi aujourd’hui).

Au 16ème siècle, le gâteau des rois a fait l’objet d’une guerre féroce entre les boulangers et les pâtissiers. En effet, chacun voulait le monopole de la vente de ce gâteau, sentant déjà là un marché juteux. Le roi François 1er accorda le droit aux pâtissiers. Les boulangers contournèrent l’interdiction de vendre des gâteaux des rois en les substituant par des galettes qu’ils offraient à leurs clients.

Le « Royaume » et sa fève

A Paris, la galette s’est un peu mélangée avec le pithiviers (gâteau français à base de crème d’amandes originaire de la commune de Pithiviers située dans le département du Loiret et la région Centre-Val de Loire) pour devenir une galette de pâte feuilletée fourrée à la frangipane (crème composée de deux tiers de crème d’amandes et d’un tiers de crème pâtissière).

Dans notre région c’est une brioche (appelée aussi « royaume »), parfois aux fruits confits, et à la fleur d’oranger qui est partagée pour l’Épiphanie et qui est préférée à la galette parisienne à la frangipane.

Jusque dans les années 1960, l’Épiphanie était un jour férié. Il tombait le 6 janvier. Le partage du gâteau était souvent célébré le 5 au soir. Cependant, le Vatican II (1962-1965) a décidé que l’Épiphanie serait célébrée le premier dimanche suivant le 1er janvier. De nombreux pays ont néanmoins conservé la date originelle du 6 janvier car la tradition c’est de partager le gâteau ! C’est ainsi que nous nous réunissons souvent plusieurs fois au cours de mois de janvier pour « tirer les rois ».

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