Les pêcheurs contre l’éolien en mer

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Les projets de champs éoliens en mer suscitent autant d’inquiétude chez les pêcheurs, qu’ils soient normands ou bretons, que chez certains chercheurs.

En moins d’une semaine, deux courriers alertant sur les dangers que feraient courir deux parcs éoliens, à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) et au Tréport (Seine-Maritime) ont ainsi été envoyés à l’exécutif. Ils présentent des données inquiétantes sur la ressource halieutique, et plus généralement sur la biodiversité des océans, indiquant que ces champs éoliens menaceraient à terme l’avenir de la pêche dans ces deux zones.

Dans les deux cas, le non-respect de la parole donnée et l’absence de considération par les promoteurs des projets, Iberdrola en Bretagne, Engie en Normandie, sont pointés par les professionnels de la mer. «La coupe est pleine, les marins pêcheurs ont été trahis, fustige Alain Coudray dans sa missive adressée à Emmanuel Macron. Il paraît parfaitement utopique de vouloir faire cohabiter les activités de pêche de la baie de Saint-Brieuc et ce parc éolien quand l’État et le développeur (Ailes Marines, alias Iberdrola, NDLR) excluent depuis le début des travaux les professionnels des zones de pêches».

«Les champs électromagnétiques et l’usage quasi généralisé de rotors à aimants permanents au néodyme dans les parcs éoliens offshore présentent des risques sur l’environnement», prévient Chrystophe Grellier océanographe dans sa lettre à la ministre de la Mer. Le néodyme est un métal gris argent du groupe des «terres rares». «Dans l’océan, il pollue petit à petit la chaîne alimentaire marine, en commençant par le plancton puis les huîtres, les moules et les crevettes s’en nourrissant. Il est aussi absorbé par les microcrustacés puis les anchois et les sardines et ainsi de suite, poursuit le porte-parole de l’association. Ces espèces sont menacées à moyen terme».

L’Atelier Anonymus est aussi perplexe au sujet des perturbateurs endocriniens libérés par l’usure des pâles. «En Norvège, il a été démontré que les pales des éoliennes libèrent du bisphénol A et environ 60 kg de résines époxydes durcies par an en raison d’un effet de cisaillement et de frottements à grandes vitesses… sans oublier les contrecoups climatiques de la grêle, des sels, des embruns et de la pluie», pointe le professionnel. Pour sa part, l’ONG Sea Shepherd, qui soutient les pêcheurs dans la défense de l’environnement, tire la sonnette d’alarme. «Les usines d’éoliennes offshore constituent des bombes à retardement écologique». Dans ce contexte plus qu’incertain pour l’avenir de la faune marine mais aussi des pêcheurs qui en vivent, Alain Coudray demande à Emmanuel Macron que «soit annulé ce projet» qui ne permet pas «la préservation des ressources marines et des activités de pêche associées».

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