Si aujourd’hui, il suffit d’aller au supermarché pour acheter des oranges, ce fruit n’a pas toujours été aussi courant. Il a même été longtemps considéré comme un produit d’exception. Sa rareté en faisait même un véritable produit de luxe que l’on offrait à Noël jusque dans les années 1960. Un cadeau fruité qui trouve ses origines dans l’Ancien Régime, (du XVIe au XVIIIe siècle).

Entre le XVIIIe et le XIXe siècle, à cette époque, la France entre dans l’ère moderne Dans les mœurs, « l’Église a de moins en moins de pouvoir en France, Noël se détache de son sens stricto catholique ». Les rites de Noël, sapins, cadeaux, repas copieux, se répandent. Néanmoins, le cadeau de Noël reste un geste symbolique. On offre principalement des bonbons, des chocolats et des oranges donc.

L’orange devient « le symbole du soleil en plein milieu de l’hiver. L’orange c’est dire nous aussi : on a notre moment de richesse ».

À la fin du XIXe siècle, la Révolution industrielle modifie totalement le quotidien des Français. La construction des chemins de fer, des grands magasins, des réseaux de commerce et de l’industrialisation font baisser les prix des produits considérés comme luxueux : chocolats, confiseries et… les oranges.

Elles ne coûtent alors que « quelques centimes alors que le salaire d’un bon ouvrier est autour de trois francs ». Les familles les plus modestes peuvent se permettre d’acheter 2 kg d’oranges de temps en temps. Le fruit n’est alors plus remarquable pour son prix, mais pour son symbole.

Dans les familles plus modestes, en revanche, l’orange pouvait être l’unique cadeau offert aux enfants jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ce n’est donc qu’après 1945 que les jouets pour Noël deviennent la norme.

« Très vite, c’est inimaginable que les enfants ne reçoivent qu’une orange pour Noël ». D’autant plus, que du mets rare, l’orange devient rapidement banale dans les années 1950. Et dès les années 1960, les progrès en agriculture permettent de rendre ce fruit accessible à tous.

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