À 3 heures du matin dimanche 31 octobre, il faudra reculer sa montre à 2 heures. En vigueur depuis près de 50 ans, le changement d’heure est très impopulaire. L’Union européenne cherche à le supprimer depuis plusieurs années, sans succès.

Une heure de plus ou de moins ? C’est le casse-tête biannuel qui revient à l’occasion de ce dernier week-end d’octobre, et qui donne l’assurance, en plus de la météo, d’avoir un sujet de conversation. À 3 heures du matin dimanche 31 octobre, il faudra reculer sa montre à 2 heures – Nous aurons donc du temps de sommeil en plus. Ce rituel est pourtant menacé depuis quelques années par l’Union européenne, qui a engagé les procédures pour le supprimer.

Quand le changement d’heure a-t-il été adopté ?

Ce rituel est pourtant menacé depuis quelques années par l’Union européenne, qui a engagé les procédures pour le supprimer. Le changement d’heure a été adopté dans plusieurs pays d’Europe dans les années 1970 alors que les premiers chocs pétroliers provoqués par l’OPEP faisaient flamber le prix de l’énergie. En 1976, la France adoptait le principe de l’heure d’été : une heure d’ensoleillement en plus le soir, c’est autant d’électricité économisée.

Au départ, chaque pays européen a choisi sa date de passage à la période d’été mais les États membres ont décidé de s’harmoniser dans les années 1980 pour faciliter les transports et les communications entre eux. En 2001, une directive a achevé de lisser les choix nationaux : le passage à l’heure d’hiver se fait désormais le dernier week-end d’octobre, et le passage à l’heure d’été le dernier week-end de mars.

Plus récemment, l’institution a proposé, dans une directive présentée le 12 septembre 2018, de supprimer le changement d’heure et de laisser aux États membres jusqu’au 1er janvier 2020 pour choisir une heure saisonnière permanente. Dans l’Hexagone, c’est le maintien définitif de l’heure d’été qui a été plébiscitée. Lors d’une consultation citoyenne réalisée par l’Assemblée nationale, 59 % des votants se sont prononcés en sa faveur.

Pourquoi la suppression du changement d’heure n’est-elle donc pas encore entrée en vigueur ?

Pourquoi la suppression du changement d’heure n’est-elle donc pas encore actée ? Au cœur du casse-tête : l’harmonisation entre les États membres. Aujourd’hui, l’Union européenne connaît trois fuseaux horaires. La directive de l’UE propose de laisser le choix à chaque État de supprimer ou non le changement d’heure, pour basculer définitivement sur l’heure d’été ou l’heure d’hiver, ce qui pourrait amener à un cruel manque d’uniformité. «Il y a beaucoup de réticences en termes d’intégrité du marché public, notamment pour les entreprises transnationales», reconnaît la Commission. Les États membres n’arrivent pas à avancer dans les négociations pour entériner la décision. Le changement d’heure que l’on va connaître dimanche ne sera donc pas le dernier, et sa suppression ne devrait «sans doute même pas intervenir en 2022».

D’un côté, plusieurs pays comme la Finlande, l’Allemagne ou l’Espagne, mènent un lobbying actif à Bruxelles pour la suppression du passage à l’heure d’été. Ces États soutiennent que ce système est mauvais pour la santé, contraignant, et finalement peu utile d’un point de vue économique. Cette volonté de l’Union européenne est également poussée par l’opinion publique : en février 2018, le Parlement européen décide d’interroger les citoyens de l’Union sur le sujet.

Leur verdict est sans appel : sur les 4,6 millions d’internautes qui répondent au questionnaire en ligne, 80% d’entre eux se prononcent pour la fin du changement d’heure . «Des millions de personnes ont répondu et sont d’avis qu’à l’avenir, c’est l’heure d’été qui devrait être tout le temps la règle, et nous allons le faire rapidement», affirmait alors le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

D’un autre côté, impossible de trouver un accord entre États membres qui ne sont pas pressés de régler la situation. La directive de l’Union européenne a été approuvée par le Parlement européen en mars 2019 mais doit l’être également par le Conseil des ministres, qui rassemble les représentants des différents États membres de l’UE. C’est ici que les négociations patinent. La situation est au «point mort», comme l’a récemment expliqué l’eurodéputée EELV Karima Delli, instigatrice de la réforme à Bruxelles, dans le journal Sud Ouest.

La pandémie du Covid, qui a changé l’ordre des priorités, n’a pas arrangé cette suspension du processus. «La crise a fait reculer ce sujet dans l’agenda européen», a ainsi confirmé Karima Delli.

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