La plateforme envisage de projeter ses productions originales dans des salles de cinéma du 7 au 14 décembre. Une annonce qui passe mal auprès des syndicats de distributeurs indépendants.

La plateforme de streaming va-t-elle tuer le cinéma ? C’est ce que craignent les distributeurs indépendants depuis l’annonce d’un éventuel «festival Netflix». Selon le Film Français, il se tiendrait du 7 au 14 décembre. Une dizaine de salles de cinéma d’art et d’essai sont concernées, à savoir les réseaux MK2 et Utopia ou encore les trois cinémas Lumière à Lyon. L’annonce fait l’effet d’une douche froide. Dans un communiqué publié le 25 octobre, le Syndicat des distributeurs indépendants (SDI) tout comme les Distributeurs indépendants européens réunis (DIRE) se disent «choqués» de cet accord conclu avec Netflix, mettant en péril des métiers du septième art. «Réalisateurs et réalisatrices, producteurs et productrices, exploitants et exploitantes, l’avenir de nos professions se joue aujourd’hui. Demain, il sera trop tard.»

Netflix contrebalance et précise que la manifestation serait «relativement modeste», tout en proposant des films déjà disponibles en ligne. Parmi les oeuvres sélectionnées, certaines sont déjà diffusées sur la plateforme, à savoir Malcolm & Marie de Sam Levinson, Pieces of a Woman de Kornél Mundruczó, The Hand of God de Paolo Sorrentino et plus récemment la version américaine de The Guilty d’Antoine Fuqua.

Le mercredi est synonyme de jour réservé aux sorties dans les salles françaises. Mais Netflix fait de même, à l’image de The Power of the Dog de Jane Campion, une exclusivité diffusée à compter du mercredi 1er décembre. Une pratique ahurissante pour les syndicats, qui reprochent à Netflix d’avoir «réussi à transformer les cinémas en antichambre de ses services». «À l’heure où de nombreux films, victimes des sept mois et demi de fermeture des salles, peinent à trouver une exposition à la hauteur de leur potentiel, nous dénonçons la tenue d’un tel festival qui s’apparente à une campagne marketing de grande échelle, une bande-annonce promotionnelle géante pour inciter des spectateurs de cinéma à s’abonner à un service payant», déplorent le SDI et le DIRE d’une seule voix dans le communiqué.

D’après Allociné , toutes les salles n’ont pas encore validé leur participation, mais certaines des groupes MK2 et Utopia se disent intéressées.

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