… et comme Zemmour !

un cavalier qui surgit hors de la nuit, court vers l’aventure au galop. Son nom, il le signe à la pointe de l’épée ….

«Jamais nous n’avions assisté à une ascension aussi fulgurante en si peu de temps», observe Jean-Daniel Lévy, directeur délégué de Harris Interactive, l’institut de sondage bien connu. La «remontada» annoncée par Arnaud Montebourg lui est passée sous le nez dirait-on, malgré ses déclarations sur la peur du grand remplacement qui «est peut-être irrationnelle, mais [qui] correspond à un certain nombre de phénomènes». Peine perdue! C’est Éric Zemmour qui «fait la course en tête», jubilent les commentateurs sportifs sans craindre de s’embrouiller dans les métaphores: il vole de col en col, tutoyant les sommets, tel un Lance Armstrong dopé à l’audience des chaînes d’info.

On peut et on doit relativiser ce classement à six mois d’une élection dont l’issue est plus que jamais incertaine.

Les outrances de Zemmour, ses saillies racistes, sa croisade contre les prénoms non-français, sa misogynie caricaturale, son homophobie, son révisionnisme, sa haine des musulmans nourrissent une litanie du discrédit, un bréviaire de l’infâme à l’usage de fidèles qui ont perdu la foi dans la politique, et il sont nombreux !

Comment incarner une politique basée sur l’opprobre sinon par l’outrage, l’insulte, ce que les Anglo-Saxons appellent le hate speach qui a trouvé dans les réseaux sociaux sa chambre d’écho et dans les algorithmes ses mécanismes de reproduction automatique.

Ainsi la campagne présidentielle qui peinait à capter l’attention avant l’été, a trouvé son « Red Bull » perverse et son théâtre des opérations: d’un côté, la tentative de rétablir un certain ordre narratif disqualifié, le «cercle de la raison», de l’autre, la déferlante médiatique du discrédit qui bouscule cet ordre narratif. Les premiers jettent à l’aveugle leur filet de récits sur les vies mutiques et atomisées, les autres surfent sur la vague de la défiance. D’un côté, des narrateurs peu fiables, de l’autre, les propagandistes du discrédit. Les uns et les autres alimentent une agonistique fondée sur la provocation, le mensonge, la haine…

close

La Newsletter des Infos locales

Inscrivez-vous pour recevoir la newsletter du Noir & Blanc

... vers le haut